La fission du monde
Ces parasites qui grignotent vos cellules grises
Ne sont autres que les héros du siècle actuel
Entre quatre murs de stuc ils s'immobilisent
Nous pondent ensuite la révolution universelle
Qu'y a-t-il donc de si faramineux à déceler?
Que se disent-ils derrière ce vocabulaire calculé?
M'écoeurent, les soi-disant pionniers de la science!
Et si l'on meurt, rien de sacré, qu'une nouvelle expérience
Une tête sur les épaules, moi, je n'ai pas
Au siècle ou nous vivons, c'est à la fois blasphème et courage
Honneur et liberté, que dis-je, ce refus de marcher au pas!
Oui, ce sera bien utile quand la foule fera rage...
Serait-ce prématuré de changer d'air?
D'une nouvelle bande de hippies, voilà de quoi nous aurons l'air!
Mais si nul ne contribue au spasme d'une nouvelle ère
Qui donc nous sauvera des adeptes du nucléaire?
Des limaces pendouillant à leur loi non-écrite
Voilà ce qu'ils sont... et vous êtes des leurs!
Oui, leurrés comme vous l'êtes sous l'effet de la stupeur
Vous les suivrez en Enfer, bande d'hypocrites!
Analyse du poème :
Le caractère rageur de l'½uvre que j'ai produite émane principalement d'un sentiment impulsif, ma foi assez fréquent à la suite d'un cours de physique. Je symbolise de façon générale ma dernière année à LeBer comme la découverte troublante que je me fous assez intensément de tout ce qui attrait à la pensée scientifique. Et moi qui voulais devenir médecin! Enfin bref, ces vers témoignent de mon mépris à l'égard de ceux qui veulent en savoir trop, résoudre les mystères les plus hors d'atteinte seulement dans le but de... eh bien! de le savoir. Ça m'hérisse le poil des bras de constater que le génie humain soit en mesure de s'égarer dans la contemplation de ses propres capacités intellectuelles en démontrant celles-ci souvent en mettant la Terre en péril pour « les bien faits de la science ». Rappelons-nous donc que le génie est dangereusement près de la folie et laissons la nature suivre son cours. Il faut savoir s'adapter à son environnement, et non adapter celui-ci à nos moindres fantasmes. C'est ridicule. Voilà donc ce que je tentais d'exprimer... Disons que le poème en lui-même constitue une hyperbole, à la mesure de ma frustration. Toutes les périphrases dont je fais usage pour désigner les scientifiques abusifs de notre époque sont exposées de manière à vouloir choquer le lecteur. J'espère y être parvenue.
Réflexion poétique :
Une réflexion sur la poésie? Oh! Mais que dire d'un sujet si vaste, si passionnant! Écoutez-moi lorsque je vous dis qu'aucun mot n'égale la passion des mots. Ou, devrais-je dire dans certains cas, la passion des maux. Oui, une façon parfois illicite, parfois choquante, parfois dissimulée, meurtrie ou heureuse, de partager une émotion, intense ou non. C'est là que je veux en venir. La poésie n'appartient qu'aux passionnés, sinon elle devient vite banale. L'inspiration du moment doit devenir insoutenable pour qu'une ½uvre redoutable voie le jour. C'est mon avis. Aime les vers pour ce qu'ils sont, non pour ce qu'ils signifient, ou ce que tu crois qu'ils veulent dire. Je crois que certaines personnes s'arrêtent prématurément dans la découverte de cet art simplement par manque de confort. Les mots les intimident par leur apparent non-sens. Ils prennent peur et font demi tour, reniant ainsi de manière bornée et quasi définitive ce cadeau du ciel. Cela dit, je vous laisse le loisir d'y réfléchir. La poésie dépeint les tableaux de l'âme. Gare à la peinture fraîche.