Dissociation

J'ai chaud et j'ai la tête qui tourne. Dans mon estomac vide résonne mon coeur trop plein. C'est ce qui me semble le plus près du Nirvana. L'esprit dans le vague attend la tempête. Il sait qu'elle s'annonce lorsque tes yeux s'embrument de nuages sombres, près à éclater en grosse pluie. Puis dans ta tête éclatera la foudre. Les gens diront que ce n'était outre que ta misérable tête de pioche se heurtant au mur. Tu n'en croiras mot. Pour toi, c'est la tempête. Les soupirs; un vent sinistre, les cris; des bourrasques cinglantes. Puis les murs tourbillonneront. Et alors? Tu orchestreras la tornade. Quelle chance! Je veux tourner, moi aussi. Je veux, mais je ne peux alligner deux mots si concrets. Je suis muette, moi. Je regarde. Crois-moi, si mes yeux pouvaient darder les gens, j'en aurait empalé plus d'un. Mes jamais une parole ne franchira mes lèvres. Triste? Non. Nécessaire. Je tente de vous protéger, elle et toi. Vous êtes tout pour moi. Pour elle, par contre, nous ne sommes rien. Quelle nonchalance, cette garce! Elle dira ici et là que nous ne sommes que des plurnichardes. Foutaises! Pour elle, tout est simple, puisqu'elle est vide. Je l'admire. Oh, mais Dieu sait qu'elle est lâche, la belle au coeur de glace. Elle cède sa place sans préface. C'est donc à toi d'agiter toute cette indifférence de façon frénétique, bousculant les notes jusque dans les aiguës pour les faire éclater en morceaux et laisser place à une rivière de sanglots ininterrompus. Très fort. Seulement, moi, je finis toujours par calmer le jeu. Et tant pis pour ton petit numéro, tu sais bien qu'on ne peut se permettre d'attirer l'attention. Suis-je donc la seule à comprendre? Mais alors c'est injuste que je ne puisse parler. Vous cassez l'ambiance, toutes les deux. Et je suis prise avec vous.

# Posté le jeudi 26 juin 2008 22:29

Mort douce (premier jet)

Serre-moi fort
Je ressens des secousses
C'est mon coeur qui chavire
C'est mon âme qui expire

Maintenant je t'implore
Viens à ma rescousse
Je ne joue plus les martyrs
C'est le froid qui m'attire

C'est le vent qui me mord
C'est lui qui me pousse
Vers un chemin qui s'étire
Un gouffre que je vois venir

Triste sort
Plus rien dans ma trousse
Plus d'issus pour m'en sortir
Plus moyen de me retenir

La mort
Au bout du chemin se trémousse
Pas besoin de se mentir
On le sait, ça la fait bien rire

Elle danse entre les corps
Le chemin qu'elle rebrousse
Pour venir nous cueillir
Sans qu'on puisse la saisir

Voici notre sort
Si tu savais comme j'ai la frousse
Si tu savais comme je veux en finir
Si seulement mes yeux tu pouvais lire...

# Posté le jeudi 26 juin 2008 22:31

La fin. (inachevé)

Notre histoire déjà s'achève
Je sens le vent qui se lève
Je n'ai pas l'âme d'une grande poète
Je n'ai pas le coeur de fuir la tempête

Je verrai le vent attraper les arbres à la gorge
Je verrai ses pupilles sombres scrutter le ciel
Lentement elles s'abaisseront dans un dernier éloge
Lentement verront-elle fondre cette lune de miel...

# Posté le jeudi 26 juin 2008 22:33

Travail de poésie, Français 5ieme secondaire.

La fission du monde

Ces parasites qui grignotent vos cellules grises
Ne sont autres que les héros du siècle actuel
Entre quatre murs de stuc ils s'immobilisent
Nous pondent ensuite la révolution universelle

Qu'y a-t-il donc de si faramineux à déceler?
Que se disent-ils derrière ce vocabulaire calculé?
M'écoeurent, les soi-disant pionniers de la science!
Et si l'on meurt, rien de sacré, qu'une nouvelle expérience

Une tête sur les épaules, moi, je n'ai pas
Au siècle ou nous vivons, c'est à la fois blasphème et courage
Honneur et liberté, que dis-je, ce refus de marcher au pas!
Oui, ce sera bien utile quand la foule fera rage...

Serait-ce prématuré de changer d'air?
D'une nouvelle bande de hippies, voilà de quoi nous aurons l'air!
Mais si nul ne contribue au spasme d'une nouvelle ère
Qui donc nous sauvera des adeptes du nucléaire?

Des limaces pendouillant à leur loi non-écrite
Voilà ce qu'ils sont... et vous êtes des leurs!
Oui, leurrés comme vous l'êtes sous l'effet de la stupeur
Vous les suivrez en Enfer, bande d'hypocrites!



Analyse du poème :

Le caractère rageur de l'½uvre que j'ai produite émane principalement d'un sentiment impulsif, ma foi assez fréquent à la suite d'un cours de physique. Je symbolise de façon générale ma dernière année à LeBer comme la découverte troublante que je me fous assez intensément de tout ce qui attrait à la pensée scientifique. Et moi qui voulais devenir médecin! Enfin bref, ces vers témoignent de mon mépris à l'égard de ceux qui veulent en savoir trop, résoudre les mystères les plus hors d'atteinte seulement dans le but de... eh bien! de le savoir. Ça m'hérisse le poil des bras de constater que le génie humain soit en mesure de s'égarer dans la contemplation de ses propres capacités intellectuelles en démontrant celles-ci souvent en mettant la Terre en péril pour « les bien faits de la science ». Rappelons-nous donc que le génie est dangereusement près de la folie et laissons la nature suivre son cours. Il faut savoir s'adapter à son environnement, et non adapter celui-ci à nos moindres fantasmes. C'est ridicule. Voilà donc ce que je tentais d'exprimer... Disons que le poème en lui-même constitue une hyperbole, à la mesure de ma frustration. Toutes les périphrases dont je fais usage pour désigner les scientifiques abusifs de notre époque sont exposées de manière à vouloir choquer le lecteur. J'espère y être parvenue.


Réflexion poétique :

Une réflexion sur la poésie? Oh! Mais que dire d'un sujet si vaste, si passionnant! Écoutez-moi lorsque je vous dis qu'aucun mot n'égale la passion des mots. Ou, devrais-je dire dans certains cas, la passion des maux. Oui, une façon parfois illicite, parfois choquante, parfois dissimulée, meurtrie ou heureuse, de partager une émotion, intense ou non. C'est là que je veux en venir. La poésie n'appartient qu'aux passionnés, sinon elle devient vite banale. L'inspiration du moment doit devenir insoutenable pour qu'une ½uvre redoutable voie le jour. C'est mon avis. Aime les vers pour ce qu'ils sont, non pour ce qu'ils signifient, ou ce que tu crois qu'ils veulent dire. Je crois que certaines personnes s'arrêtent prématurément dans la découverte de cet art simplement par manque de confort. Les mots les intimident par leur apparent non-sens. Ils prennent peur et font demi tour, reniant ainsi de manière bornée et quasi définitive ce cadeau du ciel. Cela dit, je vous laisse le loisir d'y réfléchir. La poésie dépeint les tableaux de l'âme. Gare à la peinture fraîche.
Travail de poésie, Français 5ieme secondaire.

# Posté le jeudi 26 juin 2008 22:37

La mort en préface

Du haut de ma tour je chasse
Je pourchasse mon image dans la glace
Si je parviens enfin à voir le monde du haut de mes échasses
Le monde, lui, est aveugle à ce qui me tracasse

Les mots imprononcés dans un coin s'entassent
Tapis au fond de mon esprit ils s'entrelacent
Tremblants ils attendent que je les classe
Mais il m'est désormais impossible de leur faire face

Je ne quitte pas des yeux le destin qui m'enlace
Le regardant miroiter dans un songe qui soudain se casse
D'un coup bien placé la lourde porte de ma forteresse il terrasse
D'un coup bien placé mes moindres espoirs trépassent

Tandis que mon dernier souffle se mêle au temps qui passe
Au mur infini de ma vie les souvenirs se fracassent
Le miroir brisé dévoile son visage d'un éclat de sa surface
Je regarde en face mon meurtrier, morte en préface

Sans sève les feuilles s'affaissent et s'entassent
Aux coin des murs qui soudain se tassent
Et par la force des choses chaque poussière perd sa masse
Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place

L'étranger jadis si bien connu se lasse
D'un coup de talon
mon souffle il chasse

mon reflet il efface

mon cou il casse


Sur le sol moite je gis, d'ombre et de glace
Je ne sombrerai pas sans vous dire les choses en face
Ce qu'il m'a fait je voulais qu'il le fasse
D'un coup bien placé j'ai rejoint la pluie, le ciel, puis l'espace

Père et mère, parents et amis, je vous embrasse
Six pieds sous terre, parmi les vers et les limaces
Rien à faire de ma peau, mon c½ur s'emplit de crasse
Là où je suis la haine s'enterre d'elle-même, sans laisser de trace.

# Posté le jeudi 26 juin 2008 22:42